N°6 - décembre 2017
Évoluons !

Notre système de santé évolue et la prise en charge de l’insuffisance rénale également va s’en trouver impactée. Il est ainsi souhaitable que notre syndicat de la dialyse privée s’ouvre les prochaines années aux enjeux de prise en charge de la maladie rénale chronique, et ne se centre plus sur la seule insuffisance rénale chronique terminale, traitée par épuration extra rénale. Ces nouvelles missions doivent rassembler l’ensemble des acteurs, en impliquant davantage les néphrologues au sein d’un collège d’experts. La FHP-Dialyse travaillera dans les prochains mois sur ce programme avec une refonte de sa mission principale d’expertise auprès des centres de dialyse au sein de la FHP et au-delà. Nous souhaitons repositionner et réformer la FHP-Dialyse dans ce cadre élargi, afin de lui donner une influence plus large au sein du monde de la santé.

Je pense qu’il faudra moderniser le nom de notre organisation - afin de lui donner plus de visibilité et de faciliter sa compréhension par les non spécialistes et les usagers- et se rapprocher des autres acteurs du secteur : néphrologues libéraux, associations de patients (France rein), et la Société francophone de néphrologie, dialyse et transplantation SFNDT, afin de faire vivre l’Alliance pour le rein fondée en 2016.

Enfin, d’un point de vue tarifaire, le plan d’économie triennal sur le traitement de l’insuffisance rénale par dialyse a principalement impacté la dialyse en centre et donc notre secteur, avec des baisses de tarifs de plus de 12 %, amenant les tarifs de la dialyse en centre quasiment à ceux de l’Unité de dialyse médicalisée (UDM). En résumé, les tarifs de notre activité en 2017 sont ceux de 1996 ! Avec les administrateurs nouvellement élus le 16 novembre dernier, nous affûtons nos arguments pour défendre la campagne tarifaire dialyse 2018.

Gilles Schutz
Président de la FHP Dialyse
FOCUS - NOS ÉTABLISSEMENTS À LA UNE

Les enjeux du développement durable exposés aux adhérents

Un atelier sur le développement durable a ouvert la journée thématique de la FHP-Dialyse le 16 novembre dernier à Paris, piloté par Élodie Durand, chargée d’affaires à l’agence Primum Non Nocere. « Une définition simple est nécessaire : un développement dit durable doit permettre aux générations présentes de satisfaire leurs besoins, sans empêcher les générations futures d’en faire de même, selon la formule de Gro Brundtland, théoricienne du développement durable. Des feuilles de route nationales, ou plus récemment celle mondiale de l’ONU, existent : Stratégie nationale de transition écologique vers un développement durable (SNTEDD), Plan national de santé-environnement (PNSE 3) décliné dans les régions par les ARS, ou encore les 17 objectifs de développement durable de l’ONU sont des cadres pour guider les acteurs de santé. Ensuite, l’ONU le dit très bien : ‘pour que les objectifs soient atteints, chacun doit faire sa part : les gouvernements, le secteur privé, la société civile et les personnes comme vous’. À chacun de cartographier ses impacts et d’agir. La feuille de route est ensuite personnelle », a expliqué Élodie Durand.

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Ça coule de source

Clinique Néphrologique Saint-Exupéry, Toulouse (Occitanie)

La gestion de l’eau et la préservation des ressources, axe stratégique du projet d’établissement 2015-2018, se décline en 3 actions : stérilisation thermique du traitement d’eau pour limiter l’utilisation de produits chimiques, régulation de la production d’eau en hémodialyse en fonction de la consommation réelle, et recyclage de l’eau de rejet.
Comment ajuster la production d’eau pour l’hémodialyse en fonction des besoins réels quand on prend en charge des urgences néphrologiques (200 séances d’hémodialyse aiguës par an) ? « L’installation récente de nouvelles unités de traitement d’eau avec désinfection thermique globale est pour nous l’opportunité de développer une solution de régulation du taux de rejet en fonction du nombre de séances », explique Marc Bonaventure, cadre technique et biomédical.
Vincent Lacombe, directeur, revient sur la valorisation des eaux grises : « La plupart de l’eau que l’on consommait, nous la rejetions à l’égout, et notre préoccupation était de la valoriser. Nous avons donc mis une cuve tampon, c’est très simple techniquement. Au fil des années, nous avons enrichi ce système, pour arroser les espaces verts, etc. La stérilisation chaleur des générateurs de dialyse provoque sur les canalisations à faible pente le dépôt d’un biofilm qui peut colmater les évacuations. Avec ce réseau d’eau grise, nous créons des chasses pour décaper ce biofilm, au lieu d’utiliser des détergents. »

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Développement durable : un engagement qui s’impose

CA3D, Gradignan (Nouvelle-Aquitaine)

Pour Christophe Normand, directeur et administrateur du Comité pour le développement durable en santé (C2DS), le développement durable est une évidence. « La dialyse peut devenir un laboratoire d’idées pour le développement durable. Cela concerne par exemple la responsabilité sociétale des entreprises. Comment privilégier la bienveillance envers les patients ? Pour que le personnel soit bienveillant, bien-traitant, il faut qu’il soit lui-même bien traité. Ce qui reste du développement durable dans la certification, comme un axe fort, c’est d’ailleurs ce qui est lié à la qualité de vie au travail.
Par ailleurs, dans le Plan régional santé environnement de la région Nouvelle-Aquitaine, avec l’ARS, nous nous sommes demandé comment former les soignants à la santé environnementale pour qu’ils puissent répondre aux interrogations et craintes de la population. Nous, nous voudrions même aller plus loin, et proposer ensuite des consultations en santé environnement.
Nous engager dans le développement durable devient nécessaire. D’abord, en raison du changement de culture d’entreprise. Aujourd’hui le management doit être inclusif, participatif. Les collaborateurs ont besoin de se retrouver autour de projets comme le développement durable. Ensuite, les patients attendent cela : dans les études que nous avons menées, l’engagement d’un établissement dans ce domaine peut être un critère de choix pour 64 % des patients. Enfin, nos autorités de tutelle et l’environnement législatif vont nous l’imposer.
Dans une ou deux générations, on ne parlera plus de développement durable, mais à chaque fois que l’on fera quelque chose ce sera en fonction de ces critères. D’ici-là, pour la prochaine version de la certification, il y aura peut-être à nouveau des critères de développement durable qui avaient disparu. Cela permettrait de valoriser auprès de l’ARS et la HAS tout ce qui est mis en place dans les établissements.
»

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Une histoire ancienne

Fresenius Medical Care France

« Cet engagement déjà ancien s’inscrit aujourd’hui dans des plans environnementaux pluriannuels de 5 ans », explique Georges Bendine, directeur qualité et environnement du groupe. « Les résultats au bout de 10 ans démontrent qu’avec une réelle stratégie d’investissements dans du matériel plus économe doté de technologies évoluées, et un changement de comportement des salariés, il est possible de réduire significativement certains impacts environnementaux. » Un éco-reporting mensuel des données de chaque établissement permet au groupe de suivre plusieurs indicateurs. « Nous avons donc des moyennes par structure et par séance de dialyse. Grâce à l’IDD santé durable du C2DS, décliné pour l’activité de dialyse, nous pouvons aussi nous comparer aux autres centres. »
Entre 2005 et 2015, et par séance de traitement… La consommation d’énergie est passée de 23,11 kW à 18,8 kW, ce qui équivaut sur 10 ans et pour l'ensemble du groupe, à l’énergie nécessaire pour faire 6 allers-retours de la Terre à la Lune en Smart électrique. La consommation d’eau est passée de 800 litres à 437 litres. Au total, 67 500 m³ d’eau économisés, de quoi remplir 5 fois le Colisée. Enfin, la production de DASRI est passée de 1,8 kg à 1,2 kg, notamment grâce à la vidange des circuits extra-corporels qui évite d’avoir des liquides dans les déchets d’activités de soins. L’économie globale, 10 500 tonnes, c’est le poids de la Tour Eiffel ! En équivalent carbone, ce sont au total 102 440 tonnes de CO2 qui n’ont pas été rejetées dans l’atmosphère, ce qu’un avion gros porteur aurait émis pour faire 11 500 fois le tour de la Terre. C’est aussi une économie estimée à 9 160 000 euros.

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Mieux séquencer le rejet des effluents

Centre de Dialyse NephroCare, Béziers (Occitanie)

La convention spéciale de déversement (CSD) conclue entre NephroCare Béziers et la Communauté de communes est la plus ancienne des conventions signées au sein de NephroCare. En partenariat avec l’ARS, le Centre NephroCare de Béziers a réévalué ses pratiques en matière de gestion des effluents, explique Georges Bendine. « Nous avons fait analyser les effluents par une entreprise spécialisée. Le relevé des débits, température et pH, a été réalisé toutes les minutes pendant 24h d’activité. Nous en avons conclu qu’en modifiant certaines pratiques organisationnelles, comme celles de programmer les désinfections thermochimiques des systèmes de thérapie et en les échelonnant la nuit en dehors des périodes d’activité, nous pouvions éviter les pics d’acidité et de chaleur, difficiles à gérer par les stations d’épuration des eaux usées. »

ACTUALITÉ DU SECTEUR
Vos nouveaux administrateurs
Lors de l’assemblée générale du 16 novembre 2017, le Docteur Gilles Schutz a été réélu au poste de président du CA, fonction qu’il occupe depuis 15 ans.
Vincent Lacombe occupe le poste de trésorier.
Les nouveaux administrateurs de la FHP Dialyse sont :
  • Mme Atika ALAMI, Centre hospitalier privé de l’Europe, Port-Marly
  • Dr Marc ATTIA, Centre d’hémodialyse de Mantes, Boulogne-Billancourt
  • M Philippe AUVRAY, Centre d’hémodialyse des Alpes, Manosque
  • M David BELLENCONTRE, Nephrocare Languedoc Méditerranée, Castelnau-le-Lez
  • M Hervé GOURGOUILLON, Diaverum Paris
  • Mme Martine HADDAD, Centre de dialyse de l’Estrée, Stains
  • M Vincent LACOMBE, Clinique néphrologique Saint-Exupéry, Toulouse
  • M Stéphane LIÉVAIN, Clinique internationale du Parc Monceau, Paris
  • M Stéphane LOCRET, Clinique du Landy, Saint-Ouen
  • M Christophe NORMAND, CA3D, Gradignan
  • Dr Gilles SCHUTZ, Centre d’hémodialyse de Provence, Aubagne
Les 12 grands dossiers du CA précédent
  • Participation au groupe de travail sur la simplification des normes de fonctionnement en dialyse.
  • Soutenir le fait qu’un promoteur puisse disposer d’une seule autorisation pour le traitement des insuffisants rénaux.
  • Réaction au rapport de la Cour des Comptes de 2015 et à celui du HCCAM de 2016.
  • Réaction aux communications de l’association de patients Renaloo quant au libre accès aux données du registre Rein.
  • Intégration de l’EPO au forfait dialyse.
  • Élaboration d’une charte de prise en charge des patients insuffisants rénaux - avec le Syndicat des néphrologues libéraux (SNL) - pour proposer une alternative à celle proposée par Renaloo.
  • Étude sur les impacts du SIEG sur les structures de dialyse, avec le cabinet d’audit KPMG.
  • Entretiens réguliers avec les représentants du SNL pour évoquer les problématiques communes dont la campagne tarifaire baissière sur l’activité.
  • Co-organisation le 21 juin 2016 d’une journée thématique.
  • Projet de recherche sur le profil des patients accueillis dans les centres privés.
  • Mise en place d’un groupe de travail sur le parcours.
  • Développement de partenariats dans le cadre de l’alliance pour le Rein, avec le SNL et France Rein.
France Rein se réforme !
L’association, anciennement FNAIR, se modernise à tous les étages. « Notre fédération se devait d’évoluer alors qu’à côté, certaines associations parlent fort, parfois au nom des patients, parfois en leur nom propre. Nous devions nous réveiller. C’est la raison pour laquelle nous avons changé de nom pour avoir plus de visibilité auprès du grand public », pose Roger Charlier, président de France Rein. Changement de nom en mai dernier, création d’une plateforme de communication digitale, la dynamique est relancée. « Nous avons également revu notre ligne et nos supports de communication. Nous ne faisons pas de communiqués de presse, mais nous travaillons discrètement, et vous entendrez vite parler de ce que l’on met en place. »
L’association forte de 11 000 adhérents a un poids considérable. Elle dispose de 50 partenaires institutionnels, 600 bénévoles actifs, et 200 représentants des usagers.
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La FHP Dialyse est un syndicat professionnel représentant les activités de néphrologie et de traitement de l’insuffisance rénale des établissements de santé privés, centres et unités de dialyse de droit commercial, au sein de la Fédération de l’Hospitalisation Privée.